BIOGRAPHIE
Fille d’immigrés née à Annecy en 1963, je déménage inopinément « au pays », un village au Sud de l’Espagne, en 1974. De retour en France dix années plus tard, je m’installe en région parisienne où je vis depuis. J’y reprends mes études, débute en 1990 une carrière en entreprise, dans les domaines des bases de données, de la relation client et du marketing. Je pratique la danse, la transe, le yoga, l’escalade, la moyenne montagne. C’est avec l’artiste-peintre Barbelo qu’en 1994 je découvre les forces insoupçonnées de la création, sculptant l’argile, le bois, le fer, des matières nobles et de récupération. Un changement radical s’impose et, en 2007, je m’engage dans une formation à la médiation artistique et à l’art-thérapie en relation d’aide, à l’INECAT. Cela marque un tournant décisif dans mes orientations, pratiques et rapports au monde. J’interviens, depuis 2009, en ateliers auprès d’enfants, d’adolescents et d’adultes. En institutions dans les cités et en libéral, ils portent des traumatismes et des exils indicibles. Depuis la crise Covid en 2020, l’aggravation des conditions de vies, un retour aux racines s’opère. Des ateliers nomades s’inventent dans les parcs, la cité, les forêts. Les matériaux se simplifient, se récupèrent. Je poursuis ces explorations, animée par les possibles qui se créent, se bordent, se transforment, les gouffres qui se renversent ; continue de chercher des façons de faire arts et de rencontrer l’Autre ailleurs, dans son étrangeté et son élan vital. En création. Hors cases et sentiers battus.
UTOPIE
Le soin de l’art pour imaginer des futurs possibles
San Benedetto Po (ITA)
du 3 au 19 Avril 2026
ARGUMENTS
Ce travail artistique naît en 2022, alors que deviens nomade, sillonne Paris et sa grande banlieue, alternant des séjours à la Ferme du Pescher dans la Drôme. Je m’intéresse depuis longtemps à l’histoire du marronnage. Elle nourrit mes ateliers, m’apparaît aussi comme une métaphore du paradigme art-thérapeutique.
Avec les contraintes de réduire coûts, poids et dimensions, de travailler ici et là, se construit de façon inopinée un carnet, où s’accumulent et se collent des textes, des notes, des images et matériaux glanés, selon les lieux. Au fil des jours, page après page, dans des allers et retours sans interdits, avec les moyens du bord, se sont ouvertes d’infinies possibilités. Jouer et multiplier les médiums, découvrir chaque jour de nouveaux mystères et nécessités, renverser des tableaux, partir sur de nouvelles destinations, ré-écrire des histoires…
Entre territoires sauvages et urbains, ces grigris éclairent des passages, des abris, des fragments d’Êtres et de mondes qui se fixent, se rappellent, se déguisent, s’apprivoisent, se calment, se relient. Ils surprennent et invitent le passant, ré enchantent la forêt, l’arbre, la cité.
Hé t’es qui toi ? On est où là ?
Ailleurs, en art-thérapie, des espaces de résistances à la norme et au tout marchand, des abris où être d’ailleurs, , dans de nouvelles façons de faire art et d’être au monde ; des temps où des utopies inimaginables s’incarnent et vibrent au présent.


